La Cie du Passage s’empare d’une œuvre peu connue de Tchekhov pour en livrer une version surprenante, conjuguant tendresse et légèreté et ménageant quelques savoureux coups de théâtre.

Une salle de théâtre en pleine nuit. Lieu de tant de souvenirs et d’enchantements pour le vieux comédien qui s’y est endormi après avoir bu quelques verres de trop, à l’occasion de son gala. Une arène aussi bien qu’un refuge, où il ne reste pas longtemps seul...

La comédie de Tchekhov se joue comme à notre insu, se déclinant en de joyeuses variations et digressions quand les protagonistes s’abandonnent aux confidences et revisitent d’autres textes ou chansons. La scène elle-même semble se prêter au jeu des mirages, par le dialogue des ombres, des lumières, des sons, de ces fantômes qui l’habitent et des accidents incongrus qui peuvent s’y produire. Un spectacle festif, « nous nous sommes amusés à multiplier les dérapages, les télescopages, les échappées rebelles dans la fantaisie et les songes, même s’ils peuvent rimer avec mensonges» précise le metteur en scène. Sur scène, c’est la rencontre malicieuse de deux générations de comédiens : le jeune et déjà très remarqué Adrien Gygax et Roger Jendly, figure mythique du théâtre suisse, auréolé de l’Anneau Hans Reinhart.
Une mise en scène ludique, jubilatoire et déroutante par sa mise en abyme. Tchekhov est revisité avec humour et sensibilité … On vibre, on rit et on en redemande tout simplement.